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Mobilité : La Région de Bruxelles-Capitale ignore et abandonne de plus en plus les habitants des communes limitrophes de la proche périphérie !
Le dimanche 4 octobre 2020

Pierre SIMON, Echevin des travaux et de la mobilité de Kraainem

Il est triste de devoir constater que la limite entre la région de Bruxelles-Capitale et la région flamande devient progressivement une frontière au-delà de laquelle on ignore les habitants, leurs besoins, leurs aspirations, On ne se soucie plus des implications au-delà de celle-ci que peuvent avoir de nombreux projets. De moins en moins de dialogues se nouent.

Un ensemble de dispositions arrêtées par les autorités bruxelloises, justifiées et compréhensibles, visant à tendre vers une ville durable, n’ont fait l’objet d’aucune réflexion approfondie quant à leur impact sur le cadre de vie des habitants des communes limitrophes à la Région de Bruxelles-Capitale et plus particulièrement sur ceux de certaines qui sont morphologiquement partie intégrante du tissu urbain bruxellois.  Je veux particulièrement citer Kraainem et Wezembeek à l’Est mais aussi Drogenbos et Linkebeek au Sud.  D’autres en subiront moins les répercussions car séparées par un obstacle physique tel le Ring ou un espace vert comme Wemmel, Dilbeek ou Rhode-Saint-Genèse.

Il semble utile d’analyser cette évolution, ce manque de réflexion et leurs conséquences.

Le point de départ de cette dérive semble être le nouveau plan de mobilité de la Région de Bruxelles-Capitale appelé GOODMOVE. Il n’a peu ou pas fait l’objet d’un dialogue avec les communes de la périphérie immédiate.  Sa mise en œuvre va provoquer des effets pervers sur la mobilité dans les communes périphériques contigües tant pour les déplacements individuels que collectifs. N’en prenons pour exemple que les développements proposés des transports publics qui conduisent à un véritable repli sur soi de la région centrale du pays.

Nous citerons des exemples ci-après.

L’introduction de la limitation généralisée de la vitesse à 30 km/h va inciter les automobilistes à emprunter des itinéraires parallèles en proche périphérie sans contrainte de vitesse même si ceux-ci sont un peu plus long.

L’étranglement des grands axes de pénétration pensé pour réduire le trafic se dirigeant vers le centre de la Région provoquera un report sur les voiries communales tel qu’il est conçu aujourd’hui.  Aucune réflexion n’a été faite quant à l’implantation de cette amorce de réduction de capacité.

La gestion des parkings d’échange comme celui de la station de métro Kraainem est faite en dépit du bon sens.  Pour pouvoir en faire l’usage et y acquérir un abonnement, l’automobiliste doit être domicilié à plus de 2 km à vol d’oiseau du parking, ce qui peut encore se comprendre pour les heures de bureau. Mais l’erreur va encore plus loin…Les habitants proches ne peuvent même pas bénéficier du parking le soir et le week-end, moments où il est pratiquement vide, pour aller en ville avec le métro. Là où on prône la mutualisation des parkings, le gestionnaire principal en ignore le principe.

La volonté d’agrandir le parking de la station de métro Kraainem relève de la même absurdité. On balaie d’un revers de la main, probablement volontairement, l’impact de l’augmentation de capacités sur la circulation en dehors de la Région de Bruxelles-Capitale, dans ce cas, sur le territoire de Kraainem. La réflexion visant une implantation alternative de ce parking à proximité du Ring ou à l’extérieur de celui-ci n’a même pas été prise en compte. Faut-il craindre le même dédain lorsque viendra sur la table les extensions des cliniques Saint-Luc ?

La mise en place d’un péage urbain à Bruxelles, dont on comprend très bien l’objectif et l’efficacité (la preuve en est, son application dans les métropoles étrangères)  est mal préparée et ignore totalement la continuité du tissu urbain entre plusieurs communes bruxelloises et flamandes.

Ainsi les habitants de Kraainem vont-ils bientôt payer un octroi pour aller faire leurs achats à la place DUMON ou le centre commercial de Stockel va-t-il perdre la moitié de sa clientèle ?

Les parents des petits francophones, privés d’école dans les communes sans facilités devront-ils matin et soir payer un octroi pour les conduire dans un établissement scolaire situé de l’autre côté de cette frontière ?

Les transports publics sont mal coordonnés : il n’y a toujours pas de tarification intégrée entre la STIB, DE LIJN et le TEC.  La STIB maintient ses quelques lignes existantes en proche périphérie mais n’en crée pas de nouvelles ou ne les adapte pas à l’évolution des besoins.  Et le plan GOOD MOVE est bien frileux en la matière.  Quant à DE LIJN, ces lignes sont conçues pour privilégier les déplacements vers Louvain, Zaventem, Vilvorde, Asse ou Alost.

Alors parlez-moi de communauté métropolitaine……

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